Reportage photo – E-sport, les nouveaux athlètes olympiques
Introduction
Le e-sport, ou « sport électronique », a émergé comme un nouveau type de sport, transformant les stades en arènes virtuelles, comme lors du championnat mondial de League of Legends à Paris, qui a rassemblé plus de 20 000 spectateurs. Cette discipline, encore méconnue des plus de 20 ans, touche désormais des millions de personnes. En tant que photojournaliste, j’ai exploré cet univers à travers des équipes à Boulogne-Billancourt et à Genève, puis j’ai assisté au Major de Londres à la Copper Box Arena.
Ce reportage, immersif comme tous mes documentaires, plonge dans la vie des gamers professionnels, qui consacrent leur existence aux jeux vidéo compétitifs. Autrefois simple divertissement, l’e-sport est aujourd’hui reconnu comme un véritable sport professionnel.
Historique et évolution du e-sport
Né en Corée du Sud au début du XXIe siècle, le e-sport a captivé une génération avide de compétition. En quelques années, le phénomène s’est propagé en Europe (France, Allemagne, Royaume-Uni), en Amérique (États-Unis, Canada) et plus récemment au Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis). Les compétitions initialement confidentielles sont devenues des événements mondiaux suivis par des millions de fans grâce à des plateformes comme Twitch et YouTube.
Immersion dans l’équipe « Team BDS »
J’ai suivi l’équipe suisse « Team BDS » lors de leur préparation pour le London Major RLCS à la Copper Box Arena. Evan, 21 ans, champion du monde et 13 fois champion d’Europe, membre depuis quatre ans de l’équipe genevoise de e-sport « Team BDS », déclare : « Nous sommes des sportifs professionnels. Nous mobilisons de nombreuses aptitudes physiques et, surtout, nous devons gérer le stress avec la mentalité d’un sportif traditionnel ».
Leur préparation inclut des entraînements intensifs, l’étude des stratégies adverses et un accompagnement mental et physique. Plus que la compétence, c’est l’état d’esprit et la cohésion qui distinguent une équipe championne.
Team Gameward
J’ai également suivi « Gameward« , à Boulogne-Billancourt. Les joueurs ne se contentent pas de rester devant un écran. Leur vie est rythmée par le sport, un régime équilibré et un suivi physique et psychologique. Par exemple, ils pratiquent régulièrement des exercices de cardio, de musculation, ainsi que des séances de yoga pour améliorer leur concentration et gérer le stress. Les coachs travaillent sur la gestion du stress, cruciale lors des grandes compétitions. Ces équipes voyagent aux quatre coins du monde, au prix de sacrifices personnels importants.
Une industrie en pleine croissance
En 2022, l’industrie française du e-sport était évaluée à 141 millions d’euros, avec 11,8 millions de joueurs. En 2023, la projection mondiale prévoit un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de dollars et une audience de 530 millions de spectateurs. La popularité de jeux comme League of Legends, Rocket League, Dota 2, Rainbow 6 Siege, Fortnite, Valorant, Call of Duty, FIFA et Counter-Strike: Global Offensive contribue largement à cette croissance. La reconnaissance du e-sport par des institutions comme le Comité International Olympique témoigne de sa croissance.
Une vie de sacrifices
Les joueurs de e-sport s’entraînent jusqu’à 11 heures par jour. Le rythme est intense et les sacrifices nombreux, notamment pour les jeunes talents. Araujo, 26 ans, manager de « Team BDS », résume : « L’e-Sport est un sport collectif, il y a l’aspect mental, il y a la gestion du stress, il y a les arènes, il y a l’entraînement. Il y a même des agents, il y a un écosystème qui est bien concret, il y a un circuit, comme l’est la FIFA au football. Nous avons les RLCS sur Rocket League, où nous savons très bien à quelle période de l’année nous jouons des tournois. Ce sont des gamins qui se déplacent dès 16 ans, à Copenhague, à Londres, à Dallas, à Boston, à Düsseldorf. Nous faisons le tour du monde toute l’année, donc les gamers voient moins leurs parents et leurs familles. Ils voient moins leurs copines s’ils en ont une. Ce sont des sacrifices qu’on peut aussi faire dans le monde du sport traditionnel. Donc pour moi, c’est clairement un sport. »
La pression est difficile à gérer, surtout pour les jeunes joueurs. L’accompagnement psychologique est donc essentiel, chaque équipe disposant de spécialistes pour aider les joueurs à surmonter les difficultés.
Le e-sport, un sport comme les autres ?
L’e-sport mobilise des aptitudes physiques et mentales similaires aux sports traditionnels. Les événements dans des arènes, la présence de sponsors et la structuration en ligues rappellent le monde du sport classique. Les sacrifices des joueurs sont comparables à ceux des athlètes traditionnels.
L’avenir du e-sport
L’avenir du e-sport est prometteur. Les investissements se multiplient, comme en témoigne le géant chinois Tencent, qui prévoit d’investir 13 milliards de dollars dans les infrastructures e-sportives, notamment la création de stades et de centres d’entraînement.Thomas Bach, président du Comité international olympique (CIO), a récemment révélé un projet ambitieux : les « Jeux Olympiques de l’e-sport « . Prévu dans deux ans, cet événement vise à attirer un public jeune et à intégrer le e-sport dans le paysage sportif mondial. La professionnalisation du secteur ouvre de nombreuses perspectives de carrière, que ce soit comme joueur, coach, ou manager.
Explorez mon portfolio
Le e-sport s’impose comme une discipline à part entière, avec des athlètes passionnés et un avenir prometteur qui pourrait bientôt être olympique.
N’hésitez-pas à me contacter si ce sujet vous intéresse, c’est avec passion que je vous raconterai mon expérience dans ce monde étrange et nouveau.
Photographies