Portrait journalistique d‘un joueur d’échec de la rue
Photographe de rue, je vous présente le court portrait journalistique d’un personnage atypique vivant en marge de la société et confronté à l’échec implacable. L’illustration de l’histoire consiste en une série de photos en noir et blanc.
La Vieille Bourse de Lille, joyau architectural du XVIIe siècle, est un lieu emblématique où se mêlent histoire et culture. Parmi les activités qui animent sa cour intérieure, les parties d’échecs attirent l’attention des passants.
Un joueur énigmatique
Parmi les joueurs, Mario se distingue par son aura mystérieuse. Toujours présent, il défie quiconque ose l’affronter. Son regard perçant et sa concentration intense imposent le respect. Les habitués le considèrent comme imbattable, et sa réputation n’est plus à faire.
La révélation inattendue
Un jour de septembre 2018, alors que je m’approchais pour immortaliser ces instants, j’ai découvert Mario assis à même le sol, le visage marqué par la fatigue. À ma vue, il a retiré son dentier, geste surprenant qui traduisait une détresse profonde. Intrigué, je me suis assis à ses côtés. C’est alors que, les larmes aux yeux, il m’a confié son histoire.
Un passé douloureux
En 1993 il doit fuir la Moldavie. Son pays est bombardé par l’armée russe. Sa femme est enceinte de 6 mois. Sa famille vit actuellement misérablement en France. Ses fils ont tous le sida, et rencontrent des problèmes pour se faire soigner. « C’est difficile! », me dit Mario, tout en essuyant ses larmes.
Fin de l’histoire
Mario incarne la résilience et la passion. Malgré les défis personnels et les obstacles rencontrés, il continue de partager son amour des échecs avec les visiteurs de la Vieille Bourse.
Puis survient la pandémie de Covid-19. Mario n’est pas revenu, personne n’a plus aucune nouvelle.
Photographies